Quand un incident arrête votre système d’information, deux questions se posent tout de suite : combien de temps pouvons-nous rester à l’arrêt ? et combien de données pouvons-nous accepter de perdre ? Les réponses s’appellent le RTO et le RPO, et elles déterminent votre PCA et votre PRA.
PCA, PRA, RTO, RPO : de quoi parle-t-on ?
- PCA (plan de continuité d’activité) : mesures pour maintenir les activités essentielles pendant l’incident, même en mode dégradé.
- PRA (plan de reprise d’activité) : procédures pour remettre en service les systèmes après un sinistre.
- RTO (Recovery Time Objective) : durée maximale d’interruption acceptable pour une application.
- RPO (Recovery Point Objective) : quantité maximale de données que l’on accepte de perdre, exprimée en temps.
Un exemple chiffré (fictif)
Exemple purement illustratif : une PME de distribution de 40 salariés. Les valeurs ci-dessous ne sont pas des recommandations : chaque entreprise doit fixer les siennes après une analyse d’impact.
| Application | RTO (reprise) | RPO (perte de données) | Ce que cela implique |
|---|---|---|---|
| Facturation et comptabilité | 4 heures | 1 heure | Sauvegarde ou réplication toutes les heures ; restauration prête à démarrer rapidement. |
| Messagerie | 8 heures | 4 heures | Sauvegarde plusieurs fois par jour ; solution de secours de messagerie. |
| Serveur de fichiers | 24 heures | 24 heures | Sauvegarde quotidienne ; restauration sur un matériel de remplacement. |
| Site vitrine | 48 heures | 24 heures | Sauvegarde quotidienne ; reprise chez l’hébergeur. |
Comment lire ce tableau. Pour la facturation, un RPO d’une heure signifie qu’après un incident à 15 h, on accepte de retrouver les données telles qu’elles étaient au plus à 14 h : il faut donc sauvegarder au moins toutes les heures. Un RTO de 4 heures signifie que l’application doit être de nouveau utilisable au plus 4 heures après l’incident : la restauration doit être testée et rapide.
Plus l’objectif est strict, plus la solution coûte cher
Un RTO de quelques minutes et un RPO proche de zéro demandent des infrastructures redondantes et de la réplication en continu. Un RTO de plusieurs jours peut se contenter de sauvegardes classiques. L’art du PRA est de fixer, application par application, le niveau juste, plutôt que de tout protéger au même niveau.
Les étapes pour bâtir son PCA / PRA
- Analyse d’impact : identifier les activités vitales et le coût d’une interruption.
- Objectifs : fixer un RTO et un RPO pour chaque application critique.
- Stratégie : choisir les sauvegardes (règle 3-2-1), la réplication, le site de secours.
- Documentation : écrire les procédures et le plan de communication de crise.
- Tests : simuler un incident et restaurer, au moins une fois par an.
Sans test, un PRA n’est qu’une hypothèse : une sauvegarde qui n’a jamais été restaurée n’est qu’une promesse. Voir aussi PCA / PRA et RTO et RPO dans notre lexique.
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